La ferme des Millirupétiens

Ferme vivrière dans le Morvan

2 juin 2016
par Paulina
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Un bélier emprunté

Suite à l’attaque de Casse-Tête et à la difficulté de le séparer des filles pour leur éviter plus d’une grossesse par an, nous avions fait le choix de nous séparer de notre bélier. Pourtant sans bélier, pas d’agneaux et pas de lait pour confectionner des fromages. Nous avons trouvé une solution parfaite pour notre petite ferme : le prêt de bélier.

Notre bélier emprunté caché derrière les filles

Notre bélier emprunté caché derrière les filles

La ferme aux animaux à Treban dans l’Allier (chez qui nous avions acheté Casse-Tête), nous a généreusement prêté un magnifique bélier de 3 ans. De décembre à mars, il a eu le temps de faire connaissance avec ses trois dames. Au terme de leurs romances, Monsieur est reparti chez lui. Cette manière de faire a ses inconvénients évidemment. Souhaitant conserver la race Thônes-et-Marthod, nous avons dû réaliser un trajet de 3h (aller-retour) deux fois et faire face à un bélier qu’on ne connaissait pas du tout. Mais il s’est avéré pas le moins du monde agressif, au contraire très craintif, ce qui nous a compliqué la tâche pour le faire monter dans la moutonnière. En contre-partie, avec cette manière de fonctionner, nous pouvons mieux maîtriser la période d’agnelage. Sur notre terrain d’un seul tenant, même une clôture électrique survoltée n’arrive pas à retenir un bélier amoureux. Cette année, nous avons fait en sorte que les naissances démarrent en mai, lorsqu’il fait chaud et que l’herbe est déjà bien haute, pour que les petits soient dehors sans risque.

Zaza et sa fille Mamba

Zaza et sa fille Mamba

Le 1er mai, Zaza a donné naissance à 3 petits dans la nuit. Malheureusement, à mon arrivée dans la bergerie, les deux mâles étaient morts. La petite agnelle, elle, se portait bien et tétait sans difficulté. Nous avons choisi d’appeler cette survivante, Mamba. Elle restera avec nous pour agrandir notre petit troupeau.

Les deux petits gaillards de Zazie

Les deux petits gaillards de Zazie

24 jours plus tard, c’était au tour de Zazie de donner naissance à deux petits mâles en pleine forme. Malheureusement, ils ne pourront pas rester à la ferme, pour éviter la consanguinité.

Tricotine dans toute sa laineuse splendeur

Tricotine dans toute sa laineuse splendeur

Nous attendons encore la mise bas de Tricotine. Le bélier lui faisait sa cour encore mi-février, ce qui pourrait amener l’agnelage à mi-juillet. Nous espérons une ou deux agnelles… à suivre.

 

26 avril 2016
par Paulina
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Cuisiner avec le soleil

Début avril la ferme des Millirupétiens a accueilli un atelier « Four solaire ». A l’approche des beaux jours, il était temps de confectionner un four qui fonctionnera grâce à l’énergie gracieusement offerte par le soleil.  

Les participants confectionnent leur four solaire en carton de bananes.

Les participants confectionnent leur four solaire en carton de bananes.

Jérôme Cierniak de l’association « Autour du soleil » a préparé et animé cette matinée. L’originalité de son approche réside dans le recyclage. Pour confectionner ses fours solaires, il récupère les cartons qui servent à contenir les bananes dans les supermarchés. A cela il ajoute quelques matériaux comme le papier aluminium, la vitre et de l’isolant (polystyrène, laine de mouton…). Nous avons été ravis de pouvoir utiliser la laine de nos moutons.

Un petit four pour un petit cuistot.

Un petit four pour un petit cuistot.

Jérôme a eu la gentillesse de préparer un petit four solaire pour Théodore qui était heureux de participer à l’atelier. Joséphine était la plus jeune participante bien qu’elle ait préféré suivre l’atelier en dormant.

Tous heureux et pressés de cuisiner avec le soleil.

Tous heureux de cuisiner avec le soleil.

Au terme de l’atelier, nous avons partagé un repas composé des délicieux plats amenés par chacun. Hélas, nous n’avons pas pu cuisiner dans nos fours solaires, le beau temps n’étant pas au rendez-vous ce jour-là. Mais nous avons tous hâte de tester nos fours. Dès qu’une journée de ciel bleu s’annoncera, il nous faudra être prévoyant et placer notre plat au four dès 10h pour manger à 12h ou 14h. Cuisiner avec le soleil demande beaucoup de patience mais offre une cuisson à basse température (120°C en moyenne) qui préserve les nutriments des aliments. On a déjà acheté notre contenant noir à couvercle en verre (une friteuse), pour optimiser encore mieux la cuisson, et nous attendons patiemment le beau temps pour manger un bon repas cuit par le soleil.

 

 

8 janvier 2016
par Paulina
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Des brebis coiffées de dreadlocks

Depuis l’accueil de nos moutons en 2014, notre souci a été de les maintenir dans leurs parcelles. Malgré nos nombreux efforts et la profusion d’herbe à leur disposition, parfois il leur semble évident que l’herbe est bien plus verte ailleurs. 

Potager séparé par une clôture d'acacias et au loin, parcelles avec clôtures électriques

Potager séparé par une clôture de piquets d’acacias et au loin, parcelles avec clôture électrique

A la fois pour laisser la prairie se régénérer et prévenir les problèmes de parasitisme, il est essentiel de diviser son terrain en 3 ou 4 parties. N’étant pas assez sûrs de nous quant à la superficie et la disposition des parcelles, nous avons fait le choix de la clôture électrique, facilement modulable. Mais très vite nous avons découvert qu’elle requiert un entretien régulier et pénible. Il ne faut pas que l’herbe touche les fils sous peine d’avoir de grandes déperditions de courant et une clôture électrique inefficace. Cette année, nous avons pris soin de bien couper l’herbe sous les fils et après avoir testé la clôture, celle-ci était à son maximum d’efficacité. Nous pensions être ainsi tranquilles, les moutons ne pouvant plus défier notre installation.

Avec leurs laine et leurs cornes, nos brebis ne craignent pas notre clôture électrique

Avec leurs laine et leurs cornes, nos brebis ne craignent pas notre clôture électrique

Mais c’était sans compter sur leur équipement naturel de fugueurs professionnels. Malgré une clôture parfaitement efficace car testée, nous les retrouvions chaque matin dans la parcelle d’à côté. Leurs cornes et leur laine épaisse ne leur faisaient pas craindre un coup de jus lorsqu’elles passaient la rangée des 4 fils électriques. Les bras nous en tombaient. Nous n’avions plus de solution et il était difficile d’accepter de les laisser faire ce qu’elles voulaient en raison de l’importance d’une bonne rotation des pâturages pour leur santé.

Quelque chose pend le long des cornes des filles ?

Quelque chose pend le long des cornes des filles ?

Puis je me suis souvenue de l’idée de certains éleveurs de moutons qu’une personne m’a rapportée. Celle-ci consiste à attacher aux cornes des moutons des petites chaînes métalliques afin que celles-ci soient au contact de la seule partie sensible, le museau. Ainsi, en passant la clôture électrique, le courant passe de la chaîne au museau et le coup de jus les dissuade de s’aventurer hors de leur parcelle.

Zazie avec ses dreadlocks

Zazie avec ses dreadlocks

Bingo, dès le premier jour, les filles ont respecté la clôture et depuis, nous n’avons plus aucun souci. Bien sûr ces dreadlocks leur donne une drôle d’allure mais très vite elles oublient leur présence et poursuivent leur paisible vie de mouton dans une rotation de pâturages essentielle pour leur santé.

28 décembre 2015
par Paulina
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Un nouveau départ

Après les séparations avec deux de nos moutons, dont j’explique les raisons ici, c’est au tour de notre cheval de rejoindre un autre foyer. Après un peu plus d’un an chez nous, nous avons dû nous rendre à l’évidence que nous n’étions pas assez expérimentés pour faire de lui notre fidèle compagnon de travail. 

Paikhan était la réalisation d’un rêve de petite fille. Depuis toute petite, j’aime les chevaux. J’ai toujours été captivée par ces animaux gracieux et j’étais plus intéressée de les observer que de les monter. La race polonaise Konik Polski, très rustique car encore proche des chevaux sauvages Tarpan, me fascine. Si je pouvais laisser libre court à ma rêverie, je serais heureuse d’accueillir chez nous un élevage de Konik Polski en semi-liberté comme j’en ai vu en Pologne et comme on peut en voir de plus en plus dans les parcs naturels de France, où ils contribuent à entretenir les paysages.

Chevaux Konik Polski en semi-liberté à Milicz, en Pologne.

Chevaux Konik Polski en semi-liberté à Milicz, en Pologne

Mais sur notre petit lopin de terre et dans notre recherche d’autonomie et de résilience, ce projet restera à l’état de rêve. Avec un peu de chance, un jour le Parc du Morvan (à qui j’ai déjà fait la suggestion) accueillera dans ses belles forêts des Konik Polski. En attendant, pour l’équilibre de notre ferme et le bien de Paikhan, nous avons décidé de nous séparer de lui. Nous ne sommes pas cavaliers et n’avons aucune expérience du travail avec les chevaux. Le débourrage à l’attelage de Paikhan n’était que le point de départ et pour arriver à notre projet, nous aurions dû nous former et pratiquer des années. Malheureusement, c’est un temps que nous n’avons pas aujourd’hui, au démarrage de notre projet de ferme vivrière et d’accueil.

Paikhan, se prélassant au milieu des brebis

Paikhan, se prélassant au milieu des brebis

Nous sommes ainsi très heureux d’avoir trouvé pour Paikhan une famille formidable qui a l’expérience et la passion des chevaux. Paikhan est devenu le compagnon d’une petite fille de 8 ans qui habite avec sa famille dans le Morvan, à seulement 30 minutes de chez nous. Il y a rejoint d’autres chevaux dont un poney de son gabarit qui est devenu son copain de pré. Et grâce à l’expérience de la maman avec les chevaux, Paikhan quitte peu à peu toutes ses peurs de jeune cheval pour devenir un cheval sûr de lui qui peut être monté et attelé en toute sécurité.

Paikhan aux côtés de son nouveau copain de pré

Paikhan aux côtés de son nouveau copain de pré

Bien qu’avec Paikhan, nous soyons passés par beaucoup de moments de doutes et de désillusions, je ne regrette pas cette expérience. Elle m’a permis de confronter mon rêve de petite fille à la réalité et d’aller de l’avant. Un jour peut-être un cheval Konik Polski aura toute sa place chez nous, en attendant, nous avons encore beaucoup de belles aventures à vivre avec nos autres amis à poils et à plumes.

12 novembre 2015
par Paulina
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Quand l’équilibre de la ferme passe par des séparations

Cela fait déjà quelques mois que Zazie, Zaza et Tricotine sont entre filles dans leur pré. Après nous être séparés d’Olga, nous avons également pris la décision d’envoyer notre bélier, Casse-Tête, dans un autre foyer.

Olga et sa petite

Olga et sa petite

Lorsque l’agnelle d’Olga était sevrée, j’ai entrepris la traite de la dame, comme je le faisais déjà avec ses copines. J’étais consciente qu’il fallait de la patience et de la douceur car c’était pour Olga, la première fois. Malheureusement après des semaines, je ne parvenais toujours pas à mettre Olga à l’aise durant ces 10 minutes de traite. Elle cherchait à partir, tapait du pied, voire cherchait à donner un coup de tête. J’avais déjà vécu le temps d’adaptation nécessaire avec les autres filles mais jamais jusqu’à ce point de mauvaise volonté. Au bout d’un temps, j’ai dû me rendre à l’évidence que je ne pouvais plus supporter ce combat quotidien. C’était désagréable pour moi mais bien sûr pour Olga aussi. Notre amie, Nathalie, de chez qui viennent les brebis, a accepté avec joie de récupérer Olga et sa petite. Nous les savons ainsi toutes deux dans une très bonne famille.

Casse-tête avec son air innoncent

Casse-tête à 5 mois

Nous avons accueilli notre bélier lorsqu’il avait 5 mois. Il était alors doux comme un agneau. Mais très rapidement, nous avons expérimenté la difficulté de maintenir les moutons dans leurs enclos. N’étant pas prêts à mettre en place des clôtures définitives avec du grillage à moutons, nous avons opté pour les clôtures électriques modulables. Seulement voilà, bien que Casse-Tête s’était fortement lié d’amitié avec notre poney, Paikhan, il ne pouvait résister à l’envie d’être auprès de ses dames. Nous avons ainsi eu la surprise de voir naître des agneaux en hiver alors que nous espérions avoir des agnelages au printemps. Ne pas contrôler la période des mises bas est très problématique lorsqu’on fait du fromage (2 mois avant la mise bas et 2 mois après, nous ne trayons pas) et qu’on cherche à proposer des visites aux enfants pour qui c’est plaisant de voir des agneaux. Et malgré toutes les protections mises autour de nos jeunes arbres fruitiers, notre bélier, devenant adulte et de plus en plus fort, s’entêtait à les détruire. Il a ainsi très vite porté le nom de Casse-Tête.

Casse-Tête à bientôt 2 ans.

Casse-Tête à bientôt 2 ans

Jusqu’à encore peu de temps, je n’avais nullement peur de Casse-Tête. Il venait régulièrement chercher des caresses et je pouvais le manipuler à ma guise sans crainte. Seulement voilà, beaucoup d’amis, plus expérimentés que moi en matière de moutons, m’ont dit « méfie-toi vers 1 an et demi, 2 ans, ils prennent leur caractère de bélier ». Et je l’ai douloureusement expérimenté par moi-même. Sans en faire un chien, j’avais effectivement oublié toutes les précautions qui s’imposent au contact d’un bélier, dont la nature est de foncer la tête baissée. Un jour, je le voyais couché depuis un long moment au bout du pré, loin de son pote Paikhan. J’ai pensé qu’il avait pu s’emmêler dans le fil de la clôture comme ce fut le cas une semaine plus tôt. J’y suis allée les mains dans les poches, pleinement confiante comme d’habitude. Juste à côté de lui, j’inspectais mais ne voyais rien de suspect, à l’exception de mouches vertes qui se posaient sur ses cornes. Je craignais donc qu’elles aient pu pondre et ainsi présager de soucis à traiter rapidement. Mais Casse-Tête n’a pas apprécié mon insistance à toucher ses jolies cornes. Il se leva et recula. J’avais immédiatement compris dans quelle situation j’étais tombée, loin dans le pré, seule, sans aucun moyen de fuir. Mes cris fermes « NON !!! » le stoppaient mais il reprenait de plus belle sa charge. Dieu merci, au bout d’un moment, j’ai réussi à l’attraper par les cornes et à le tourner pour me retrouver à côté de lui et plus en face. Là il ne bougeait plus et moi non plus, choquée que j’étais. Jérôme et nos voisins, qui avaient entendu mes cris, sont venus à mon secours. Mais Casse-Tête s’était déjà calmé. Et effrayé par la situation qu’il venait de créer, il ne demandait qu’à partir retrouver ses congénères.

Casse-Tête plein de douceur avec un de ses fils

Casse-Tête plein de douceur avec un de ses fils

Bien que très choquée à la suite de cet événement, je n’en tenais évidemment aucun grief contre Casse-Tête et sa nature de bélier, que j’avais simplement mal jugée. Seulement, les jours qui suivirent, il tenta également de me charger à travers le grillage à moutons. J’avais le sentiment qu’il ne me respectait plus et cherchait à me dominer. Ce comportement, bien trop dangereux, est intolérable. Je ne parvenais plus à entrer dans le pré si Casse-Tête était proche. Au bout de quelques semaines, je dû me rendre à l’évidence qu’un lien de confiance s’était rompu et je n’arrivais pas à le reconstruire. Nous avons alors pris la décision de nous séparer de Casse-Tête. Et nous sommes heureux de le savoir désormais chez un ami qui est éleveur d’escargots en Côte-d’Or. Là-bas, il tient compagnie à des brebis et contribue à pâturer et piétiner les terrains autour des enclos d’escargots, les protégeant ainsi des rongeurs.

A présent, nos brebis se retrouvent entre filles. Mais nous envisageons d’emprunter le bélier d’un voisin agriculteur pour tenir compagnie à ces dames en décembre et espérons accueillir des agneaux en avril-mai.

29 septembre 2015
par Paulina
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Visite du Master EDD de Lyon

Voilà plusieurs années que nous avons quitté le tumulte de la vie lyonnaise. Pourtant j’en garde de très bon souvenirs, notamment ceux liés au Master Ethique et Développement Durable (EDD) que j’ai suivi en 2007-2008. Lorsque Claire, responsable du Master, m’envoya un message suggérant l’idée d’organiser le week-end d’intégration de la nouvelle promotion chez nous, dans le Morvan, j’étais ravie. C’est ainsi que fin septembre, une vingtaine de personnes du Master EDD sont venues visiter la ferme des Millirupétiens. 

Une journée riche d'échanges avec les étudiants du Master EDD de Lyon.

Une journée riche d’échanges avec les étudiants du Master EDD de Lyon

Après avoir partagé un pique-nique tous ensemble sous un soleil radieux, nous avons proposé une visite de notre ferme. Ce fut l’occasion d’expliquer notre parcours de citadins se lançant dans une vie rurale dans une ferme vivrière. Nous avons apporté notre retour d’expérience avec nos erreurs, nos questionnements, nos rêves. Les questions et réflexions apportées par les étudiants ont permis un échange très nourrissant.

Notre potager

Notre potager

Notre visite a démarré avec la présentation de notre potager, premier projet réalisé dès notre arrivée. Bien que nous soyons encore loin de l’autonomie et que la progression dans nos talents de jardiniers n’est hélas pas linéaire, nous avons pu présenter quelques expérimentations fructueuses comme la milpa (association de maïs, haricot et courges).

Passage au poulailler.

Passage devant le poulailler

Puis, nous avons entamé le sujet des poules avec des anecdotes amusantes sur le comportement de gentleman du coq. Ce fut aussi l’occasion d’aborder la question éthique de la consommation de viande et en particulier de ses propres animaux.

Notre petit troupeau laineux

Notre petit troupeau laineux

Suivant la chronologie de notre parcours, nous avons présenté ensuite nos belles brebis Thônes-et-Marthod qui nous offrent leur lait et leur douce toison.

Paikhan, notre fertilisateur de potager

Paikhan, notre fertilisateur de potager

Nous avons également expliqué notre retour d’expérience désillusionné avec Paikhan. Des cavaliers inexpérimentés avec un cheval jeune et débutant, ce n’est pas une combinaison adéquate. En attendant que nous puissions bénéficier de l’aide de Paikhan pour quelques travaux lourds (tels que déplacer la charrette à foin), nous utilisons son précieux crottin pour fertiliser notre potager.

Notre verger conservatoire

Notre jeune verger conservatoire

Ensuite, ascension de notre terrain pour découvrir notre jeune verger de variétés fruitières anciennes et locales.

Nos ruches Warré

Nos ruches Warré non intrusives pour les abeilles

Enfin, nous avons terminé notre parcours en nous posant près des abeilles. L’occasion d’aborder les différentes manières de faire de l’apiculture, plus ou moins dans le respect de l’abeille.

Avant de nous quitter, nous avons été chaleureusement reçus par nos nouveaux voisins, Marion et Jérôme, qui s’installent en élevage bio de vaches laitières. Ils ont pu à leur tour expliquer leur parcours, leur projet, leurs rêves. Et ce fut pour nous l’occasion de mettre fièrement en lumière que dans notre petit hameau nous sommes récemment passés d’une à trois familles qui vivent dans l’entente et l’entraide.

Un grand merci à chacun pour les échanges authentiques et intéressants

Un grand merci à chacun pour les échanges authentiques et intéressants

Un grand merci à Claire, à Nicolas et à tous les étudiants du Master EDD pour leur bonne humeur et la journée de partage enrichissante que nous avons passé ensemble. Nous serons heureux d’accueillir d’autres week-end d’intégration du Master EDD à la ferme des Millirupétiens !

3 août 2015
par Paulina
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Du lierre sur la tête

L’année dernière, je m’étais lancée dans la lessive au lierre. Et depuis je ne m’en passe plus. Bien qu’en hiver, le froid ne me donne pas forcément envie d’aller cueillir du lierre et que je confectionne alors de la lessive à la cendre de bois, j’avoue que ma préférence va de loin au lierre. Récemment j’ai renouvelé mes bidons de lessive qui arrivaient à leur fin et j’avais fait une si grande récolte qu’il m’en restait 1 l de plus. J’ai alors tenté le shampoing au lierre.

Le lierre merveilleux et magique qu'on peut utiliser pour ses vêtements ou ses cheveux.

Le lierre merveilleux et magique qu’on peut utiliser pour ses vêtements ou ses cheveux.

Mon premier essai n’a pas été concluant. En utilisant uniquement l’infusion de lierre comme pour la lessive (voir ici la recette), on garde un léger dépôt gras sur les cheveux. Cela ne lave pas assez efficacement. J’ai alors combiné deux recettes. Sur Internet, on peut trouver des tas de blogs prônant le 0 lavage de cheveux, comme le très bon blog d’Antigone XXI. J’avais d’ailleurs tenté l’expérience durant un mois. Hélas, sans doute trop pressée, je n’ai pas été assez patiente pour parvenir à me passer totalement de shampoing. Mais j’avais alors découvert avec bonheur que je pouvais remplacer les shampoings classiques par une très rapide et simple préparation. Du bicarbonate de soude, de l’eau et du vinaigre de cidre. Mes cheveux étaient aussi bien lavées qu’avec les produits du commerce à la liste d’ingrédients interminable. Cependant, cela nécessite un temps de préparation très court mais à chaque lavage de cheveux. D’autre part, les deux ingrédients que sont le bicarbonate de soude et le vinaigre de cidre, je ne les produis pas moi-même.

On presse le lierre dans le jus de cuisson et ça mousse

Préparation de la lessive ou shampoing au lierre.

Mon obstination pour le lierre a été payante. J’ai tenté d’ajouter à mon shampoing au lierre (qui je le rappelle n’est composé que d’infusion de lierre), du bicarbonate de soude. Pour un litre, j’ai ajouté environ 4 cuillères à soupe de bicarbonate de soude. Bien sûr dans cette recette je n’arrive toujours pas à produire un shampoing « 100% made in autosuffisance » mais la quantité de bicarbonate utilisée est très faible en comparaison avec la première recette sans lierre. Et qui sait, peut-être qu’un jour je parviendrai à remplacer le bicarbonate par autre chose que je trouverai sur place comme le lierre. En attendant, j’accepte ce léger compromis. De plus, je prépare mon flacon d’un litre de shampoing au lierre auquel j’ajoute mes cuillères de bicarbonate et je n’y touche plus. Au moment de me laver les cheveux, je prends tout simplement le flacon sur le rebord de la baignoire.

Petites précisions pour se lancer dans le shampoing au lierre

Par rapport à un shampoing classique du commerce, il est plus liquide et ne mousse pas autant. Cela ne veut pas dire qu’il ne lave pas, vous verrez. Il suffit de l’appliquer uniquement sur le cuir chevelu et non tous les cheveux. De toute façon nos cheveux ne deviennent pas gras à leurs pointes. On frotte ensuite énergiquement le cuir chevelu pour bien répartir le shampoing au lierre. Et pour finir on rince abondamment car même s’il ne mousse pas aussi fortement que les shampoings classiques, il contient de la saponine, qui lui confère son pouvoir lavant, et laisserait un dépôt si on ne le rinçait pas assez. Et pour celles et ceux qui sont attachés à l’odeur forte(ment chimique) des shampoings classiques du supermarché, n’ayez pas peur de l’odeur surprenante du lierre, elle ne reste pas sur les cheveux. Nos cheveux ont alors simplement leur odeur naturelle, douce et non agressive. Mais si vraiment vous ne pouvez vous passer de parfum, on peut tout à fait ajouter quelques gouttes d’huiles essentielles de son choix à la préparation. Bien sûr, cela nous éloigne encore un peu plus du shampoing « made in autosuffisance ».

 

 

16 juillet 2015
par Paulina
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Boisson fermentée aux fleurs de sureau

C’est en goûtant un délicieux élixir aux fleurs de sureau que j’ai eu envie de me lancer. Nous avons justement un jeune arbre dans le potager. N’ayant pas noté la recette, j’ai simplement suivi ce que ma mémoire a retenu. Le résultat n’est pas identique mais très satisfaisant, ce qui laisse à chacun la possibilité d’adapter la recette à son goût.

Notre petit sureau.

Notre petit sureau.

Première étape : La cueillette

C’est entre mi-mai et début juin, chez nous, que le sureau est en fleurs et qu’il faut se lancer dans la cueillette. On cueille les ombelles entières, nul besoin de cueillir chaque petite fleur séparément.

Ombelles de fleurs de sureau.

Ombelles de fleurs de sureau.

Seconde étape : La macération

Pour 1 litre d’eau, j’ai ajouté 5 ombelles de fleurs de sureau, le jus d’un citron et 100 g de sucre. J’ai couvert le récipient et l’ai laissé reposer au grenier où il fait bien chaud pendant une semaine.

Tout est prêt pour la macération.

Tout est prêt pour la macération.

Troisième étape : La filtration

Après une semaine, la fermentation a bien agi. Il est temps de filtrer. Il est possible de faire macérer moins longtemps je pense car lorsque j’ai récupéré le récipient, il y avait une couche de moisissure à la surface. J’ai d’abord pensé que j’avais trop attendu et que tout était bon à jeter. Mais étant donné qu’il n’y avait pas de mauvaise odeur, bien au contraire, j’ai simplement retiré la couche de moisi avec les ombelles. Et j’ai filtré la boisson à l’aide d’un tissus de gaze.

Les ombelles avec la pellicule de moisissure.

Les ombelles avec la pellicule de moisissure.

Filtration du breuvage.

Filtration du breuvage.

Quatrième étape : L’embouteillage 

Une fois la boisson filtrée, je l’ai mise en bouteilles. Les bouteilles idéales sont celles en verre avec un bouchon à bascule comme celles des bières ou de certaines limonades. J’ai évidemment goûté le résultat avant l’embouteillage. Il m’a semblé bon mais pas encore à point.

La fermentation de l'élixir se poursuit en bouteille.

La fermentation de l’élixir se poursuit en bouteille.

Cinquième étape : La fermentation en bouteille 

J’ai placé les bouteilles dans notre sous-sol frais et sombre. Après plusieurs semaines, nous avons goûté une première bouteille. Celle-ci était très pétillante, plutôt amer et probablement un tout petit chouilla alcoolisée. Ce n’était pas encore ça. Mais 1 mois et demi après l’embouteillage, nous avons goûté une seconde bouteille. Cette fois-ci la boisson était à la fois pétillante, désaltérante, plus du tout amer. C’était parfait ! Par contre attention, en ouvrant ces bouteilles, on a une telle quantité de mousse qui s’échappe qu’on pourrait aisément l’utiliser pour arroser la victoire d’une course de formule 1.

En cette période de canicule, cette boisson pétillante et peu sucrée est un réel délice !

26 mai 2015
par Paulina
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Tonte des moutons aux ciseaux

Début mai, je me suis lancée dans la tonte de mes 5 moutons. Les journées étaient très chaudes et je souffrais à la vue de mes moutons habillés encore de leurs beaux pulls de laine. Comme l’année dernière, j’ai pris ma force à tondre (ciseaux spécialement conçus pour cela) et me suis jetée dans l’épreuve. 

Casse-Tête avec son épaisse toison

Casse-Tête avec son épaisse toison

J’ai démarré avec Zaza. Je me suis surprise à avoir acquis un certain coup de main me permettant de réaliser une coupe plutôt satisfaisante avec pour résultat deux belles pièces de toison d’un seul bloc représentant les flancs. Pourtant ce n’était que ma deuxième tonte et je ne m’étais pas entraînée depuis la première où j’avais uniquement réussi à couper la laine en petits lambeaux. Après avoir réussi une plutôt jolie tonte avec Zaza en 1h de temps, j’étais pleinement confiante pour les 4 autres moutons.

Seulement voilà, chaque mouton est différent et dispose d’une pilosité qui lui est propre. Ainsi en poursuivant les jours qui suivirent avec Olga et Tricotine, j’ai passé bien 2 à 3h sur chacune à m’acharner sur une toison bien plus épaisse. La tonte du bélier a été très sportive. Il ne supportait pas que je m’approche de son popotin et c’est pourtant là que l’opération demande le plus de temps au vu des restes de crottes qui restent collées à la laine. Après avoir essayé de me charger, il a fini attaché très court et j’ai même dû recourir à l’aide de Jérôme pour le maintenir le temps de faire les parties délicates.

Casse-Tête après la tonte sportive

Casse-Tête après la tonte sportive

En 3 jours consécutifs, avec un total d’environ 10 h de tonte aux ciseaux, dans une chaleur accablante, mes 5 moutons étaient soulagés de leurs épaisses toisons. Evidemment il aura suffi que je les tonde pour que les fortes chaleur retombent. Après cette difficile épreuve, je continue à avoir l’index et l’annulaire de la main droite un peu engourdis. Je pense que je ne tenterai pas d’améliorer mon savoir-faire à la force à tondre pour l’automne prochain (eh oui les Thônes-et-Marthod se tondent deux fois par an). Je vais chercher à dénicher une tondeuse électrique d’occasion d’ici là. Et ce sera alors un nouvel apprentissage qui débutera.

25 avril 2015
par Paulina
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Bilan du potager 2014 : la progression ne sera pas linéraire

Déjà fin avril et je traîne encore du clavier pour écrire un bilan de notre potager. La raison est simple, notre bilan 2014 est vraiment mauvais. Alors que notre première année a été remplie de succès sans trop d’efforts (bien sûr je mets de côté l’effort considérable de défrichage). La seconde a demandé 3 fois plus de travail pour des récoltes bien moins généreuses. Mon illusion vole en éclat. Notre potager ne sera pas d’année en année plus beau et plus efficient. L’évolution se fera plus probablement en dents de scie. 

Vue du potager en août 2014

Vue du potager en août 2014

Avec le recul, nous pensons identifier quelques raisons qui expliquent notre piètre potager 2014.

La météo pas de notre côté

Nous avons eu un printemps très précoce et très chaud et sec. Il manquait d’eau pour faire démarrer les semis. Puis, c’est un été plutôt frais et humide qui a pris place, faisant proliférer les limaces, dévoreuses de jeunes pousses juteuses, et le mildiou, ravageur de tomates.

Les limaces plus voraces que jamais

Et puis nous avons eu bien plus de limaces que la première année. Un hiver trop doux expliquerait que beaucoup d’entre elles aient survécu à la mauvaise saison. Et lorsque le temps était propice, ce sont des légions qui ont attaqué nos planches de légumes. J’ai resemé 3 fois les carottes sans avoir le temps de voir sortir les plantules. Excédée, j’ai fini par en semer en jardinière pour les repiquer ensuite. Et les voiles anti-insectes que nous avons mis sur nos choux pour les protéger des piérides du chou ont merveilleusement fonctionné contre le papillon (problème que nous avions rencontré la première année). Mais hélas les limaces, se cachant sous terre, n’ont pas été stoppées par ce bout de toile.

Nos semis, rentrés à la maison chaque nuit, étaient prometteurs avant de rencontrer les limaces du potager.

Nos semis, rentrés à la maison chaque nuit, étaient prometteurs avant de rencontrer les limaces du potager.

Un manque d’azote 

La première année, nous avons retourné une partie de prairie où broutaient des vaches, pour en faire notre potager. Ainsi, les légumes semés et plantés ont pu bénéficier d’une terre riche en azote et minéraux. Nous avions alors eu de beaux légumes, de taille honorable. La deuxième année, j’ai fait comme la première. Je n’ai ajouté aucun compost ou fumier. Et quasiment tous nos légumes étaient bien plus petits. Pour la 3ème année au potager, je mise sur l’engrais vert et le crottin de notre poney !

Un paillage dogmatique

Au gré de mes lectures et échanges avec des jardiniers expérimentés, j’ai pu comprendre qu’il était essentiel que le sol soit toujours couvert. Ceci permet ainsi de protéger le sol (et tout les micro-organismes) des puissants rayons du soleil, de garder l’humidité et d’éviter le lessivage des minéraux essentiels à la croissance des plantes. Ainsi, l’année dernière j’ai paillé toutes les planches de légumes tout de suite après les semis. Je ne voulais surtout pas laisser la terre à nue. Et puis quelle satisfaction de voir peu à peu les planches du potager se couvrir de paille. On voit avec plaisir comme le travail avance. Et cette année j’ai commencé la saison de la même manière. Mais j’ai constaté récemment que ma planche de pois et fèves (après un mois de semis) reste toujours vide. En y regardant de plus près, il y a ici et là quelques plantules mais dévorées par les limaces. Et lorsque je soulève légèrement la paille, je découvre évidemment que c’est le paradis des limaces. Bien que j’aie déjà bien démarré mes semis, je vais rectifier avant de revivre le même problème de limaces que l’an passé. Je compte à présent ne pailler que lorsque les plants seront assez grands pour que les limaces ne s’y intéressent pas. Evidemment cela n’empêchera pas les limaces de les attaquer, mais je pense que cela va nettement limiter les dégâts. Quand j’y repense, la première année, la belle, je n’avais pas paillé et les attaques des gastéropodes étaient soutenables. Et c’est la seconde année, la catastrophique, que j’ai paillé à tout va immédiatement après semis et que les limaces nous ont quasiment tout dévoré.

Un manque d’expérience

Evidemment notre manque d’expérience a joué un rôle important dans ces maigres récoltes. Je n’ai certainement pas réussi à réagir assez rapidement lorsque j’ai vu que le mildiou s’installait sur nos 40 pieds de tomates. J’ai attendu trop longtemps pour semer les carottes en jardinière. Du coup lorsque je les ai repiquées en pleine terre, l’automne était quasiment là et la croissance des végétaux s’est ensuite rapidement stoppée avant que les carottes ne soient de belle taille.

Certains nous ont dit qu’il fallait 7 à 10 ans pour devenir un bon jardinier. D’autres parlent d’un apprentissage tout au long de la vie. Je pense aussi que nous n’avons pas fini d’apprendre. Cela peut être décourageant de mettre tant de travail et d’énergie dans un potager qui n’apporte parfois que de piètres récoltes. Malgré ces moments d’abattement, je prends conscience de la richesse intérieure que cela apporte d’être au contact de la terre et des végétaux. Et bien que je souhaite récolter les fruits de mon travail, je ressens également l’humilité du jardinier qui est là pour prendre soin de ses plantes et de sa terre.

Notre jeune jardinier déjà en apprentissage au potager.

Notre jeune jardinier déjà en apprentissage au potager.

Ainsi la bonne nouvelle quand on vit une mauvaise année au potager, c’est que malgré la tonne de travail apportée, l’énergie épuisée, l’abattement ressenti, avec le recul on parvient à prendre conscience de la plénitude qu’on vit au service de son potager.