La ferme des Millirupétiens

Ferme vivrière dans le Morvan

2 juin 2016
par Paulina
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Un bélier emprunté

Suite à l’attaque de Casse-Tête et à la difficulté de le séparer des filles pour leur éviter plus d’une grossesse par an, nous avions fait le choix de nous séparer de notre bélier. Pourtant sans bélier, pas d’agneaux et pas de lait pour confectionner des fromages. Nous avons trouvé une solution parfaite pour notre petite ferme : le prêt de bélier.

Notre bélier emprunté caché derrière les filles

Notre bélier emprunté caché derrière les filles

La ferme aux animaux à Treban dans l’Allier (chez qui nous avions acheté Casse-Tête), nous a généreusement prêté un magnifique bélier de 3 ans. De décembre à mars, il a eu le temps de faire connaissance avec ses trois dames. Au terme de leurs romances, Monsieur est reparti chez lui. Cette manière de faire a ses inconvénients évidemment. Souhaitant conserver la race Thônes-et-Marthod, nous avons dû réaliser un trajet de 3h (aller-retour) deux fois et faire face à un bélier qu’on ne connaissait pas du tout. Mais il s’est avéré pas le moins du monde agressif, au contraire très craintif, ce qui nous a compliqué la tâche pour le faire monter dans la moutonnière. En contre-partie, avec cette manière de fonctionner, nous pouvons mieux maîtriser la période d’agnelage. Sur notre terrain d’un seul tenant, même une clôture électrique survoltée n’arrive pas à retenir un bélier amoureux. Cette année, nous avons fait en sorte que les naissances démarrent en mai, lorsqu’il fait chaud et que l’herbe est déjà bien haute, pour que les petits soient dehors sans risque.

Zaza et sa fille Mamba

Zaza et sa fille Mamba

Le 1er mai, Zaza a donné naissance à 3 petits dans la nuit. Malheureusement, à mon arrivée dans la bergerie, les deux mâles étaient morts. La petite agnelle, elle, se portait bien et tétait sans difficulté. Nous avons choisi d’appeler cette survivante, Mamba. Elle restera avec nous pour agrandir notre petit troupeau.

Les deux petits gaillards de Zazie

Les deux petits gaillards de Zazie

24 jours plus tard, c’était au tour de Zazie de donner naissance à deux petits mâles en pleine forme. Malheureusement, ils ne pourront pas rester à la ferme, pour éviter la consanguinité.

Tricotine dans toute sa laineuse splendeur

Tricotine dans toute sa laineuse splendeur

Nous attendons encore la mise bas de Tricotine. Le bélier lui faisait sa cour encore mi-février, ce qui pourrait amener l’agnelage à mi-juillet. Nous espérons une ou deux agnelles… à suivre.

 

26 avril 2016
par Paulina
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Cuisiner avec le soleil

Début avril la ferme des Millirupétiens a accueilli un atelier « Four solaire ». A l’approche des beaux jours, il était temps de confectionner un four qui fonctionnera grâce à l’énergie gracieusement offerte par le soleil.  

Les participants confectionnent leur four solaire en carton de bananes.

Les participants confectionnent leur four solaire en carton de bananes.

Jérôme Cierniak de l’association « Autour du soleil » a préparé et animé cette matinée. L’originalité de son approche réside dans le recyclage. Pour confectionner ses fours solaires, il récupère les cartons qui servent à contenir les bananes dans les supermarchés. A cela il ajoute quelques matériaux comme le papier aluminium, la vitre et de l’isolant (polystyrène, laine de mouton…). Nous avons été ravis de pouvoir utiliser la laine de nos moutons.

Un petit four pour un petit cuistot.

Un petit four pour un petit cuistot.

Jérôme a eu la gentillesse de préparer un petit four solaire pour Théodore qui était heureux de participer à l’atelier. Joséphine était la plus jeune participante bien qu’elle ait préféré suivre l’atelier en dormant.

Tous heureux et pressés de cuisiner avec le soleil.

Tous heureux de cuisiner avec le soleil.

Au terme de l’atelier, nous avons partagé un repas composé des délicieux plats amenés par chacun. Hélas, nous n’avons pas pu cuisiner dans nos fours solaires, le beau temps n’étant pas au rendez-vous ce jour-là. Mais nous avons tous hâte de tester nos fours. Dès qu’une journée de ciel bleu s’annoncera, il nous faudra être prévoyant et placer notre plat au four dès 10h pour manger à 12h ou 14h. Cuisiner avec le soleil demande beaucoup de patience mais offre une cuisson à basse température (120°C en moyenne) qui préserve les nutriments des aliments. On a déjà acheté notre contenant noir à couvercle en verre (une friteuse), pour optimiser encore mieux la cuisson, et nous attendons patiemment le beau temps pour manger un bon repas cuit par le soleil.

 

 

8 janvier 2016
par Paulina
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Des brebis coiffées de dreadlocks

Depuis l’accueil de nos moutons en 2014, notre souci a été de les maintenir dans leurs parcelles. Malgré nos nombreux efforts et la profusion d’herbe à leur disposition, parfois il leur semble évident que l’herbe est bien plus verte ailleurs. 

Potager séparé par une clôture d'acacias et au loin, parcelles avec clôtures électriques

Potager séparé par une clôture de piquets d’acacias et au loin, parcelles avec clôture électrique

A la fois pour laisser la prairie se régénérer et prévenir les problèmes de parasitisme, il est essentiel de diviser son terrain en 3 ou 4 parties. N’étant pas assez sûrs de nous quant à la superficie et la disposition des parcelles, nous avons fait le choix de la clôture électrique, facilement modulable. Mais très vite nous avons découvert qu’elle requiert un entretien régulier et pénible. Il ne faut pas que l’herbe touche les fils sous peine d’avoir de grandes déperditions de courant et une clôture électrique inefficace. Cette année, nous avons pris soin de bien couper l’herbe sous les fils et après avoir testé la clôture, celle-ci était à son maximum d’efficacité. Nous pensions être ainsi tranquilles, les moutons ne pouvant plus défier notre installation.

Avec leurs laine et leurs cornes, nos brebis ne craignent pas notre clôture électrique

Avec leurs laine et leurs cornes, nos brebis ne craignent pas notre clôture électrique

Mais c’était sans compter sur leur équipement naturel de fugueurs professionnels. Malgré une clôture parfaitement efficace car testée, nous les retrouvions chaque matin dans la parcelle d’à côté. Leurs cornes et leur laine épaisse ne leur faisaient pas craindre un coup de jus lorsqu’elles passaient la rangée des 4 fils électriques. Les bras nous en tombaient. Nous n’avions plus de solution et il était difficile d’accepter de les laisser faire ce qu’elles voulaient en raison de l’importance d’une bonne rotation des pâturages pour leur santé.

Quelque chose pend le long des cornes des filles ?

Quelque chose pend le long des cornes des filles ?

Puis je me suis souvenue de l’idée de certains éleveurs de moutons qu’une personne m’a rapportée. Celle-ci consiste à attacher aux cornes des moutons des petites chaînes métalliques afin que celles-ci soient au contact de la seule partie sensible, le museau. Ainsi, en passant la clôture électrique, le courant passe de la chaîne au museau et le coup de jus les dissuade de s’aventurer hors de leur parcelle.

Zazie avec ses dreadlocks

Zazie avec ses dreadlocks

Bingo, dès le premier jour, les filles ont respecté la clôture et depuis, nous n’avons plus aucun souci. Bien sûr ces dreadlocks leur donne une drôle d’allure mais très vite elles oublient leur présence et poursuivent leur paisible vie de mouton dans une rotation de pâturages essentielle pour leur santé.

28 décembre 2015
par Paulina
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Un nouveau départ

Après les séparations avec deux de nos moutons, dont j’explique les raisons ici, c’est au tour de notre cheval de rejoindre un autre foyer. Après un peu plus d’un an chez nous, nous avons dû nous rendre à l’évidence que nous n’étions pas assez expérimentés pour faire de lui notre fidèle compagnon de travail. 

Paikhan était la réalisation d’un rêve de petite fille. Depuis toute petite, j’aime les chevaux. J’ai toujours été captivée par ces animaux gracieux et j’étais plus intéressée de les observer que de les monter. La race polonaise Konik Polski, très rustique car encore proche des chevaux sauvages Tarpan, me fascine. Si je pouvais laisser libre court à ma rêverie, je serais heureuse d’accueillir chez nous un élevage de Konik Polski en semi-liberté comme j’en ai vu en Pologne et comme on peut en voir de plus en plus dans les parcs naturels de France, où ils contribuent à entretenir les paysages.

Chevaux Konik Polski en semi-liberté à Milicz, en Pologne.

Chevaux Konik Polski en semi-liberté à Milicz, en Pologne

Mais sur notre petit lopin de terre et dans notre recherche d’autonomie et de résilience, ce projet restera à l’état de rêve. Avec un peu de chance, un jour le Parc du Morvan (à qui j’ai déjà fait la suggestion) accueillera dans ses belles forêts des Konik Polski. En attendant, pour l’équilibre de notre ferme et le bien de Paikhan, nous avons décidé de nous séparer de lui. Nous ne sommes pas cavaliers et n’avons aucune expérience du travail avec les chevaux. Le débourrage à l’attelage de Paikhan n’était que le point de départ et pour arriver à notre projet, nous aurions dû nous former et pratiquer des années. Malheureusement, c’est un temps que nous n’avons pas aujourd’hui, au démarrage de notre projet de ferme vivrière et d’accueil.

Paikhan, se prélassant au milieu des brebis

Paikhan, se prélassant au milieu des brebis

Nous sommes ainsi très heureux d’avoir trouvé pour Paikhan une famille formidable qui a l’expérience et la passion des chevaux. Paikhan est devenu le compagnon d’une petite fille de 8 ans qui habite avec sa famille dans le Morvan, à seulement 30 minutes de chez nous. Il y a rejoint d’autres chevaux dont un poney de son gabarit qui est devenu son copain de pré. Et grâce à l’expérience de la maman avec les chevaux, Paikhan quitte peu à peu toutes ses peurs de jeune cheval pour devenir un cheval sûr de lui qui peut être monté et attelé en toute sécurité.

Paikhan aux côtés de son nouveau copain de pré

Paikhan aux côtés de son nouveau copain de pré

Bien qu’avec Paikhan, nous soyons passés par beaucoup de moments de doutes et de désillusions, je ne regrette pas cette expérience. Elle m’a permis de confronter mon rêve de petite fille à la réalité et d’aller de l’avant. Un jour peut-être un cheval Konik Polski aura toute sa place chez nous, en attendant, nous avons encore beaucoup de belles aventures à vivre avec nos autres amis à poils et à plumes.

12 novembre 2015
par Paulina
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Quand l’équilibre de la ferme passe par des séparations

Cela fait déjà quelques mois que Zazie, Zaza et Tricotine sont entre filles dans leur pré. Après nous être séparés d’Olga, nous avons également pris la décision d’envoyer notre bélier, Casse-Tête, dans un autre foyer.

Olga et sa petite

Olga et sa petite

Lorsque l’agnelle d’Olga était sevrée, j’ai entrepris la traite de la dame, comme je le faisais déjà avec ses copines. J’étais consciente qu’il fallait de la patience et de la douceur car c’était pour Olga, la première fois. Malheureusement après des semaines, je ne parvenais toujours pas à mettre Olga à l’aise durant ces 10 minutes de traite. Elle cherchait à partir, tapait du pied, voire cherchait à donner un coup de tête. J’avais déjà vécu le temps d’adaptation nécessaire avec les autres filles mais jamais jusqu’à ce point de mauvaise volonté. Au bout d’un temps, j’ai dû me rendre à l’évidence que je ne pouvais plus supporter ce combat quotidien. C’était désagréable pour moi mais bien sûr pour Olga aussi. Notre amie, Nathalie, de chez qui viennent les brebis, a accepté avec joie de récupérer Olga et sa petite. Nous les savons ainsi toutes deux dans une très bonne famille.

Casse-tête avec son air innoncent

Casse-tête à 5 mois

Nous avons accueilli notre bélier lorsqu’il avait 5 mois. Il était alors doux comme un agneau. Mais très rapidement, nous avons expérimenté la difficulté de maintenir les moutons dans leurs enclos. N’étant pas prêts à mettre en place des clôtures définitives avec du grillage à moutons, nous avons opté pour les clôtures électriques modulables. Seulement voilà, bien que Casse-Tête s’était fortement lié d’amitié avec notre poney, Paikhan, il ne pouvait résister à l’envie d’être auprès de ses dames. Nous avons ainsi eu la surprise de voir naître des agneaux en hiver alors que nous espérions avoir des agnelages au printemps. Ne pas contrôler la période des mises bas est très problématique lorsqu’on fait du fromage (2 mois avant la mise bas et 2 mois après, nous ne trayons pas) et qu’on cherche à proposer des visites aux enfants pour qui c’est plaisant de voir des agneaux. Et malgré toutes les protections mises autour de nos jeunes arbres fruitiers, notre bélier, devenant adulte et de plus en plus fort, s’entêtait à les détruire. Il a ainsi très vite porté le nom de Casse-Tête.

Casse-Tête à bientôt 2 ans.

Casse-Tête à bientôt 2 ans

Jusqu’à encore peu de temps, je n’avais nullement peur de Casse-Tête. Il venait régulièrement chercher des caresses et je pouvais le manipuler à ma guise sans crainte. Seulement voilà, beaucoup d’amis, plus expérimentés que moi en matière de moutons, m’ont dit « méfie-toi vers 1 an et demi, 2 ans, ils prennent leur caractère de bélier ». Et je l’ai douloureusement expérimenté par moi-même. Sans en faire un chien, j’avais effectivement oublié toutes les précautions qui s’imposent au contact d’un bélier, dont la nature est de foncer la tête baissée. Un jour, je le voyais couché depuis un long moment au bout du pré, loin de son pote Paikhan. J’ai pensé qu’il avait pu s’emmêler dans le fil de la clôture comme ce fut le cas une semaine plus tôt. J’y suis allée les mains dans les poches, pleinement confiante comme d’habitude. Juste à côté de lui, j’inspectais mais ne voyais rien de suspect, à l’exception de mouches vertes qui se posaient sur ses cornes. Je craignais donc qu’elles aient pu pondre et ainsi présager de soucis à traiter rapidement. Mais Casse-Tête n’a pas apprécié mon insistance à toucher ses jolies cornes. Il se leva et recula. J’avais immédiatement compris dans quelle situation j’étais tombée, loin dans le pré, seule, sans aucun moyen de fuir. Mes cris fermes « NON !!! » le stoppaient mais il reprenait de plus belle sa charge. Dieu merci, au bout d’un moment, j’ai réussi à l’attraper par les cornes et à le tourner pour me retrouver à côté de lui et plus en face. Là il ne bougeait plus et moi non plus, choquée que j’étais. Jérôme et nos voisins, qui avaient entendu mes cris, sont venus à mon secours. Mais Casse-Tête s’était déjà calmé. Et effrayé par la situation qu’il venait de créer, il ne demandait qu’à partir retrouver ses congénères.

Casse-Tête plein de douceur avec un de ses fils

Casse-Tête plein de douceur avec un de ses fils

Bien que très choquée à la suite de cet événement, je n’en tenais évidemment aucun grief contre Casse-Tête et sa nature de bélier, que j’avais simplement mal jugée. Seulement, les jours qui suivirent, il tenta également de me charger à travers le grillage à moutons. J’avais le sentiment qu’il ne me respectait plus et cherchait à me dominer. Ce comportement, bien trop dangereux, est intolérable. Je ne parvenais plus à entrer dans le pré si Casse-Tête était proche. Au bout de quelques semaines, je dû me rendre à l’évidence qu’un lien de confiance s’était rompu et je n’arrivais pas à le reconstruire. Nous avons alors pris la décision de nous séparer de Casse-Tête. Et nous sommes heureux de le savoir désormais chez un ami qui est éleveur d’escargots en Côte-d’Or. Là-bas, il tient compagnie à des brebis et contribue à pâturer et piétiner les terrains autour des enclos d’escargots, les protégeant ainsi des rongeurs.

A présent, nos brebis se retrouvent entre filles. Mais nous envisageons d’emprunter le bélier d’un voisin agriculteur pour tenir compagnie à ces dames en décembre et espérons accueillir des agneaux en avril-mai.